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Le prix de la liberté

Une fois n’est pas coutume, Noixdecocom publie un article rédigé par une personne externe à sa structure de cueilleurs de noix de coco genevois. Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe qui, bien au contraire. La personne qui nous fait l’honneur de cette petite visite virtuelle est Stéphane Briot, blogueur, conférencier et auteur du livre Bien utiliser son blog. Bonne lecture à toutes et à tous !

La liberté, cette effrayante sensation. Ça fait peur au fond d’être libre. Là, vous allez me dire que non. Logique, vous en rêvez tellement de cette « liberté ». Mais qu’allez-vous en faire, et comment allez-vous l’entretenir ?

Ah bah là de suite, je vous sens un peu hagards. C’est quoi ces questions à la con là ?! À la con ? Vraiment ? Pas tant que cela, croyez-moi.

Il y a un truc que vous allez vite apprendre, c’est que la liberté a un prix. Et plus vous voulez de liberté, plus le prix à payer augmente. Logique. Plus vous souhaitez un appareil de qualité, plus son prix grimpe en flèche. Pour la liberté, c’est pareil.

Eh oui, question de choix, de moyens. Donc, quel est le prix que vous êtes prêts à payer pour votre liberté ? Ce prix se mesure sur deux indices : le temps, l’argent. Point.

Oui, la liberté a un prix. Celui de devoir être son propre patron, de savoir se fixer quelques objectifs, de se donner les moyens de les tenir, d’avoir une vraie raison de se lancer (rappel : l’argent n’est pas une bonne raison).

La liberté, c’est aussi, pour le micro-entrepreneur, la solitude. Être seul la majeure partie du temps, devoir trouver des leviers pour se motiver tout seul comme un grand, devoir se motiver pour apprendre tout seul comme un grand, devoir trouver des solutions pour avancer, tout seul comme un grand.

Et croyez-moi, les premiers temps, c’est la galère ! Ah ouais, c’est sexy de se dire que l’on se lève à l’heure que l’on veut. Effectivement. Mais une fois debout, on fait quoi ? Comment ? On traîne en pyjama toute la journée ? On fait du Facebook ? Super ! Avec ça…

Je suis toujours sur le cul quand une personne me contacte pour me dire que ses indemnités chômage prennent fin dans quelques mois et qu’il lui serait bien utile de créer un blog qui rapporte parce que bon, salarié, c’est chiant.

Refais ton CV mon ami, et cherche du boulot très sérieusement, car tu n’es pas prêt pour entreprendre. Mais si tu veux y aller, vas-y, ce sera sans moi.

Y’a aussi le minot qui t’appelle pour te dire qu’il aimerait bien vivre façon bagpack, parce que tu comprends, l’entreprise, c’est chiant. Avec un pauvre stage en alternance, c’est certain que le monde de l’entreprise, il connaît bien. Prends ton sac, demande à tes parents de financer ton trip, tu verras bien.

Bref, des gens qui veulent être libres grâce à leur entreprise, il en existe des millions ! Ils sont tout aussi nombreux à s’être vautrés. La liberté a un prix, et ces gens-là ne sont pas prêts à le payer. S’ils sont prêts à écouter Gourou 1er roi des loosers et lui lâcher 2000 balles pour une formation moisie, ils ne sont en aucun cas prêts à s’investir pleinement dans leur aventure.

Lâcher une belle somme pour une formation, si cela faisait de vous un entrepreneur, ça se saurait ! Pourquoi existe-t-il de bons incubateurs « gratuits » (comprendre : financés par divers organismes) ? Parce que l’argent ne fait pas l’entrepreneur.

La liberté a un prix. Celui de votre investissement personnel d’abord. À quel point êtes-vous prêts à vous donner corps et âme pour votre boîte ? Ah, vous croyez que votre entreprise est au service de votre vie ? Quand vous aurez fini de vous toucher la nouille et d’écouter le patron d’une secte d’idiots, faites-moi signe. En attendant, laissez-moi me pisser dessus de rire, tiens ! 😊

Dans un précédent billet, je vous parlais du « pourquoi ». Trouver la réponse à cette question, c’est trouver une source de motivation sans fin. Quand je parle de réponse, je ne parle pas d’entreprendre, parce que la société, l’école, la vie (rayez les mentions inutiles si besoin) vous emmerdent. Parce que ça, à un moment qui va très vite arriver, ça ne suffira plus.

À quel moment ? Ho bah le premier moment de doute, dans quelques semaines, tout au plus. Face au doute, opposer « ça m’emmerde », c’est un peu léger et ça ne fonctionne pas bien longtemps. Mais vous pouvez tenter votre chance.

La liberté a un prix. Celui des craintes, des doutes, des angoisses, des nuits blanches, des factures à payer, des fins de mois tendues comme des string (ou comme un arc, au choix). Vous vous sentez vraiment d’attaque là ?

Ha oui, je sais, vous préférez tellement le discours « c’est facile, on va y arriver, vous allez voir, faites comme moi, vous allez aspirer mon cerveau (et devenir aussi con que moi) » et j’en passe. Oui, bah allez-y, et laissez bosser ceux qui le veulent vraiment. Quand vous aurez fini de dilapider votre pognon pour rien. Gardez de quoi vous payer un paquet de Kleenex tout de même.

C’est bien beau tous ces discours, ça fait rêver. Ça fait rêver, mais pas réussir. Alors, la bonne question à vous poser, vous la voyez venir ? Vous préférez rêver ou réussir ? Moi, j’ai choisi mon camp. D’autres l’ont fait aussi. Et étrangement, y a pas de recettes pour réussir. Pas de méthodes. De l’envie, de la volonté, des choses à savoir, mais rien qui ne garantisse le succès.

Vous pourrez chercher partout, acheter toutes les méthodes magiques, miracles, avec toutes les garanties possibles, rien n’y fera. Irrémédiablement, vous y irez dans mur.

Puis un jour, après des années d’échecs, vous comprendrez, enfin je vous le souhaite. Vous comprendrez ce qui fait la réussite. Le prix de votre liberté. Alors, la question pour vous, c’est de savoir si vous prêts à y mettre le prix. Votre liberté commence là. Vous avez le choix, vous aurez toujours le choix. Quant à savoir si vous allez prendre la bonne décision, pour cela, il faut déjà avoir le courage de prendre une décision.

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